Les Living Labs


Le concept de Living Lab est apparu dans les années 2000, sous des formes quelque peu différentes en Amérique et en Europe.

Dès 2004, au MIT, un peu dans le prolongement du succès qu’a connu cette même institution avec le Media Lab dans les années 90, Kent Larson met en place le PlaceLab, impliquant des acteurs extra-scientifiques pour faire émerger des solutions urbaines innovantes. Le MIT a par la suite créé bien d’autres « labs », comme les Place Pulse, City Form Lab, Civic Data Design Lab, Senseable City Lab, CoLab, avec une philosophie d’implication large similaire. L’UE, dès 2006, dans une logique de valorisation des spécificités régionales puis de ce qu’on a appelé les smart cities, a mis en place le réseau ENOLL (European Network of Living Labs), une structure formelle de qualification de living labs en quelque sorte « agréés ». De la même façon que son pendant au MIT et ailleurs aux Etats-Unis, le concept s’est progressivement appliqué à de très nombreux domaines d’activité. Comme, chemin faisant, les caractéristiques des living labs se sont précisés, en parallèle à ces initiatives, pratiquement depuis cette même époque fondatrice, sont apparus des living labs auto-proclamés qui, bien que ne daignant pas passer par des structures de certification ne sont pas moins capables d’incarner les attributs des living labs et de remplir des missions socio-économiques et technologiques tout à fait innovantes et stimulantes.


Ces attributs sont principalement :

Quel que soient le domaine ou le problème traité, une grande affinité pour le high tech, le digital et l’innovation, en combinaison avec des composantes humaines et socio-économique variées, mais spécialisées (smart city, santé digitale, industrie 2.0, environnement, etc.).

Cette tendance à faire du laboratoire en partie hors du périmètre du laboratoire scientifique et impliquer la communauté, les usagers, habitants, citoyens, souvent à travers des partenariats public-privé, tend à mettre en valeur des approches d’innovation ouvertes, interdisciplinaires, et parfois même sans la tutelle d’une instance scientifique particulière, mais toujours dans une démarche ancrée dans un écosystème territorial défini.

Un des attributs majeurs des living lab est de valoriser, au même niveau que l’expertise du scientifique, l’expérience usager.

Quelques références utiles :

Almirall Esteve, Lee Melissa, Wareham Jonathan (2012). “Mapping Living Lab in the Landscape of  Innovation Methodologies”. Technology Innovation Management Review, 2(9): 12-18. http://doi.org/10.22215/timreview/603

Ballon, P. and Schuurman, D. (2015), « Living labs: concepts, tools and cases », info, Vol. 17 No. 4. https://doi.org/10.1108/info-04-2015-0024 (Emerald Group)

Bergwall-Kåreborn Birgitta, Ståhlbröst Anna (2009). “Living Lab: an Open and Citizen-Centric Approach for Innovation”. International Journal of Innovation and Regional Development 1(4):356-370. DOI: 10.1504/IJIRD.2009.022727

Leminen Seppo, Nyström Anna-Greta (2012). “Living Labs as Open-Innovation Networks”. Technology Innovation Management Review, 2(9): 6-11. http://doi.org/10.22215/timreview/602

Pallot Marc (2009). “The Living Lab Approach: A User Centred Open Innovation Ecosystem”. Webergence Blog (http://www.cwe-projects.eu/pub/bscw.cgi/715404)

Pallot Marc, Trousse Brigitte, Senach Bernard, Scapin Dominique (2010). “Living Lab Research Landscape: From User Centred Design and User Experience towards User Cocreation”. First European Summer School ”Living Labs”, Inria (ICT Usage Lab), Userlab, EsoceNet, Universcience, Aug 2010, Paris, France. ffinria-00612632

Pallot Marc, Pawar Kulwant (2012). “A holistic model of user experience for living lab experiential design”. 18th International ICE Conference on Engineering, Technology and Innovation (ICE), June 2012. DOI: 10.1109/ICE.2012.6297648

Steen Kris, Van Bueren Ellen (2017). «The Defining Characteristics of Urban Living Labs”. Technology Innovation Management Review, July 2017, Vo. 7, Issue 7, p. 21-33